INTERVIEWS : Les Partis Politiques Maroc sont-ils biodégradables ou en voie de disparition politiques ?r

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Les partis Politiques Maroc sont-ils biodégradables ou en voie de disparition politiques ?

INTERVIEW AVEC Pr Abdelatif FEKKAK [1], par le mensuel Perspectives.Med

Les Partis politiques-tribaux sont -ils biodégradables et les blocs politiques makhzaniens sont une génération en voie de disparition politique ? 

1/ Allal EL Mahel : Que vous inspire le ras de marée du PJD aux élections législatives du Maroc, version 2011 ?

L’analyse empirique interne de la ‘’gestion caidale’’ des Partis politiques à idéologie hybride » qui composent le gouvernement jouant à ‘’loterie politique suicidaire’’ confirme ce que l’examen externe de l’Etat-Makhzen laissait déjà prévoir. Il faut s’attendre à découvrir, une nouvelle distribution des cartes politiques. Le G8 est en plein décomposition avancée. Il est asymptote à la ruine. Treize (13) ‘’petits Partis min-jupes’’ qui n’ont rien à cacher ( en dehors d’un ou deux sièges) sont dans l’obligation irréversible de fusionner avec les grands Partis voyous sous peine de mourir par ‘’euthanasie politique

Le Ras de marée du PJD, peut s’expliquer socio-historiquement par un cumul des causes politiques et d’effets du printemps arabes notamment au niveau interne : L’analyse interne des structures de la nouvelle constitution, du mouvement incontrôlable du 20 février 2011 (mais accélérateur) et le Discours du Roi du 09 mars 2011 (répondant au message politi- que de la démocratie de la rue à l’image du printemps arabe 2011), le népotisme, l’échec de la gauche affaiblie incapable de répondre aux besoins des problèmes sociaux, associés avec les conservateurs du Parti de l’Istiqal au gouvernement sans effet concret pour la population, la faille de la démocratie confisquée et truquée qui ne fait pas émerger une nouvelle élite économique et politique en dehors en dehors des spermatozoïdes et des jetons des fils de groupeFassi ou Soussi etc.., laissent supposer des effets cumulés avec des risques de prolifération ‘’d’une démocratie sans peuple’’, des ministres sans méritocratie, des classes sans prof, des université sans Président élu, une société sans confiance au profit d’une société de méfiance qui craint les Etats, l’administration du service public, les Partis politiques de Droite ou de gauche.

Il n’y a plus de points de repères idéologiques des ‘’Partis politiques-voyous’’, hybrides avec des mariages saisonniers, ni célibataire, ni marié avec des alliances à la chrétienne, ce qui donne des idiologies incom préhensibles du type ’’Mari-bataire’’ ou du gau-droite entre le centre, la gauche et la droite type hydride du ‘’gau-cen-droite’’ au pouvoir, ‘’c’est du kif kif avec non pas la transhumance inconsciente ‘’avec des animaux politiques’, mais de la ‘’Jahilisation des principes politiques’’, ans honte, ni scrupule’’ , avec ‘’une gauche hybride’’ qui a besoin d’un bras droit des Partis du centre hybride, sans projet sociétal, sans crédibilité populaire, sans vision politique, sans objectif idéologique à long terme, en dehors l’occupation des ‘’postes ministériels d’Etat sans portefeuille’’ et des strapontins et des secrétariats d’Etat sur des maroquins éjectables sans murmurerun mot politique, en raison de l’hybridité des Partis-voyous.

Aujourd’hui, le PJD qui, a les coudées plus franches avec un score électoral exponentiel, est le leader incontesté avec des résultats incontestables, dispose d’une nouvelle Constitution version 2011, plus ouverte et plus avancée pour le Chef de Gouvernement avec son équipe pour être comptable publique des décisions politiques et l’application de son programme. Faut-il rappeler à toutes fins utiles que la transition du Gouvernement consensuel de Youssoufi I et II, fut molle, sinon piégée et torpillée des mines explosives de l’intérieur, voire une situation handicapante pour changer la chose publique. Or l’enjeu du PJD aux affaires publiques et aux commandes du pilotage de l’exécutif n’est pas de rechanger les structures de l’Etat théo-fonctionnel depuis 1200 ans, mais de porter politiquement en haut des Chambres Parlementaires les revendications de la classe moyenne des Grandes villes, les exclus du pouvoir et de l’économie, les universitaires d’obédiences islamistes que le PJD représente à travers cette élection législative libre.

Changera-t-il comme les partis de gauche avec l’usure du pouvoir, ou répondra-t-il aux aspirations démocratiques et économiques de sa base militante et surtout sa base électorale élargie. A cet égard, cette nouvelle expérience porteuse d’espoir et de renouveau démocratique a-t-elle des chances de réussir en alliance avec la Kouta fissurée et faillé de l’intérieur ou verse-t-elle dans la destruction massive de l’opposition systématique de la droite et de la gauche non conservatrice ? Cependant, le PJD a besoin d’une majorité parlementaire pour gouverner. Que faire ? disait Lénine.

En définitive, l’arrivée au pouvoir du PJD risque de bouleverser la donne, sans aucune réserve d’usage, du paysage politique du Maroc. Dans le discours politique du PJD, l’islam moniste est compris comme une cosmogonie sociale avec des valeurs partagées pour maintenir l’ordre social, non comme la raison d’être de l’Etat, et non plus comme un outil de gestion, exclu dans par le code des Partis politiques. Le système politique finira-t-il par les phagocyter dans le makhzanisme, et d’user cette force électorale avec 107 députés ou tirera-t-il parti de la dynamique sociale du renouveau politique de la démocratie qu’elle porte pour la recomposition du champ politique entre la biodégrabilité des uns, la marginalisation des autres, le rejet de toutes alliances avec certain Parti cocotes-minutes comme le PAM et la mise en quarantaine des Hizbucules mort-nés avec la bipolarisation des partis en droite libérale et la gauche dite progressiste qui a besoin de convalescence pour se donner des forces dans l’opposition avec les partis conservateurs pour reprendre du poils de la bête?

Au niveau externe : Faut-il rappeler aussi l’exclusion politique des binationaux euro-marocains et américo-marocains (10 millions de votants à travers le monde) par le Gouvernement de Abbas El Fassi (en dehors du soutien parlementaire du PJD qui est dans l’opposition) ? Ces Marocains du Monde (MdM) qui, sont composés d’une élite économique ordinaire et l’élite politique universitaire extraordinaire des marocains vivants à l’étranger, doivent voter avec une ‘’procuration’’ dans leur pays d’origine.

Or c’est inadmissible et anticonstitutionnel, car ‘’le vote est personnel et secret’’ comme l’indique la Constitution version 2011 d’autant plus les MdM représentent un portefeuille d’investissement et d’entrée de divises étrangères de l’ordre de 48 % ( malgré la chute de 30% pour l’année 2011), mais sans protection de leur biens, sans pouvoir bénéficier d’une justice rapide en raison des arnaques des autochtones, sans être représenter, ni au Parlement, ni à la seconde chambre des représentants etc…

De même, l’absence d’une Bonne Gouvernance de l’Etat, du Parlement, de l’administration corrompue, des Partis Politiques-marabout ‘’sans démocratie interne’’, sans organisation de leur congrès avant les élections législatives anticipées de 2011, l’absence d’éthique politique, l’absence de transparence économique, l’absence de valeurs de justice (où l’on achète la personne au prix où il coûte et on le vend au prix estimé du marché), l’absence surtout d’ascenseur social pour les universitaires et surtout pour les Professeurs d’université qui se font doubler par leurs étudiants ’’Mac Do, sans saveur, ni odeur’’, l’absence de choix d’un casting de ministrables parachutés estampiés avec une couleur politique de circonstances des dernières pluies sans raison, ni compréhension pour les militants des Partis, ‘’c’est une Hogra avec une double gifle’’ etc…

Toutes ses valeurs culturelles ancestrales du régionalisme, du maraboutisme, du makhzanisme et du tribalisme encore opératoires dans la culture des Partis Politiques qui sont aujourd’hui en mal de repère de la société, laissent prévoir un ‘’Etat non pas de droit , mais de passe-droit’’, laissent prévoir une sanction politique d’abord avec indifférence de la majorité silencieuse de l’ordre de 60% de la population qui refusent d’aller ou se déplacer pour aller voter, laissent prévoir que les 45 % des votants sont composés de 20 % de votants blancs ( ni pour l’un, ni pour l’autre parti).

2/ Allal EL Mahel : Quelles lecture faites-vous de la redistribution des cartes politiques qui vont intervenir au demain des législatives sur la vie politique ?

L’analyse empirique interne de la ‘’gestion caidale’’ des Partis politiques à idéologie hybride » qui composent le gouvernement jouant à ‘’loterie politique suicidaire’’ confirme ce que l’examen externe de l’Etat-Makhzen laissait déjà prévoir. Il faut s’attendre à découvrir, une nouvelle distribution des cartes politiques. Le G8 est en plein décomposition avancée. Il est asymptote à la ruine. Treize (13) ‘’petits Partis min-jupes’’ qui n’ont rien à cacher ( en dehors d’un ou deux sièges) sont dans l’obligation irréversible de fusionner avec les grands Partis voyous sous peine de mourir par ‘’euthanasie politique’’.

Une dizaine (10) de ‘’petits Hizboucules’’ sont aujourd’hui considérés comme une espèce politique en voie de la disparition sans protection du pluralisme historique de la démocratie parlementaire. Huit partis (8) raflent 80% des sièges des 45 % des électeurs votants dont 20 % votants blanc. Le PJD est dominant avec 107 sièges, au Parlement. En effet, l’évolution du nombre de sièges du Parti de la justice et du développement (PJD) entre les résultats des législatives 2007 et celle de 2011 est de 232% au lieu de 57 %. Pour les autres partis, l’évolution a été de 115% pour l’Istiqlal, de 133% pour le Rassemblement national des indépendants (RNI) et de 102% pour l’Union socialiste des forces populaires (USFP).

Ainsi, le PJD a gagné en 2011, 61 sièges supplémentaires, l’Istiqlal en a gagné 8, le RNI 13, et l’USFP 1 siège, pour ne citer que les 4 évolutions les plus importantes, mais n’ayant la majorité absolue pour gouverner seul. A ce titre, il forcé par ses électeurs à gouverner aussi avec une programme et une nouvelle idéologie hydride de circonstance le temps qu’il prennent de l’expérience et du poils des bêtes politiques peu alliés ou seront trop alignés pour faire parti du nouveau gouvernement, dans le cadre de la nouvelle Constitution, plébiscitée en juillet 2011, avec la mise en place de la nouvelle démocratie.

C’est une structure complexe héritée des urnes et des électeurs marocains, ‘’peu ossifiée’’ pour le PJD, et une nouvelle composition politique ‘’peu vertébrée ‘‘ pour former un gouvernement homogène dans l’objectif de faire face au défi politique, économique et social qui attend la constitution d’un ‘’gouvernement –commando’ pour résoudre le mal politique et le mal-être sociale de la société marocain qui a perdu confiance ? Les marocains n’ont pas voté pour le PJD, ils ont voté contre les Partis politiques-voyous, contre les gouvernements hydrides sans effet, contre la corruption, contre le népotisme, contre le clientélisme, contre l’islamisme fondamentaliste, contre l’islamisme salafiste et contre la destruction de la modernité de la société marocaine.

Par contre, les électeurs ont voté pour les valeurs de la dignité, du respect, des droits de l’Homme, de l’alternance, pour le changement de la société ( accéléré par le mouvement incertain du 20 Fev 2011), pour les valeurs de la démocratie pour tous et la méritocratie de chacun, pour la transparence publique, pour le rêve qui représente une ligne politique avec une vie meilleure, coïncidant avec le projet sociétal et le programme politique du PDJ ( isolé de la scène politique par les blocs de la peur, les remparts hydriques des biodégradables).

Cet épiphénomène politique pose plus de questions sur l’avenir démocratique du Maroc que de réponses assurées des élections par le PJD, plus d’interrogations sur la fin du salariat au Maroc que de certitudes sur l’entrepreneuriat des sociétés, plus d’hypothèses de la haine des valeurs Occidentales (liberté d’expression, démocratie, Droit de l’Homme et du Citoyen, pluralisme démocratiques) que l’apologie des valeurs orientales et de l’islamisme politique, plus de subjectivité certaine de l’humanisme de l’islamisation de la politique que d’objectivité incertaine des valeurs de la mondialisation sans frontière économique, sans frontière culturelle, sans frontière satellitaire des images télévisuelles et d’internet.

Le Maroc bouge avec une nouvelle Constitution à parfaite, se reconstruit avec une démocratie pluraliste libre et sans contestation interne ou externe, et le plus grand risque pour le PJD est de prendre le risque de former un Gouvernement à idéologie hybride (avec une osmose du type gau-cen-droite, avec du mari-bataire comme des gouvernements précédents), de bloquer par contrainte idéologique l’évolution du Maroc vers une occidentalisation irréversibles des mœurs et du modernisme de la société, vers une mondialisations sans frontière culturelle et sans frontière économique.

Le risque les électeurs marocains est de prendre non seulement le risque de prolifération d’une démocratie sans participation des citoyens, mais aussi de laisser le PJD instaurer l’immobilisme avec le risque de s’habituer comme la gauche historique au pouvoir. Quel est l’intérêt pour les Marocains d’avoir pris le risque de se développer par l’immobilisme, par ‘’jemonfoutisme’’ d’une société de méfiance des ‘’partis-tribaux et marabouts voyous par leur népotisme flagrant’’ qui n’ont ni ethos, ni valeur citoyenne, ni morale religieuse, ni transparence économique, ni qualité de vie, ni éthique politique, ni une Bonne Gouvernance sociétale ?

Le message politique de ses élections avec un changement brutal sans semence politique pour la droite, sans sanction politique pour la gauche nous interrogent sur les causes de la pauvreté des régions et villes de plus en plus ruralisées. Les enjeux politiques liés à cette crise des valeurs sociétales du Maroc appellent à mener une réflexion sur la trajectoire du programme socio-économique du PJD, réflexion qui procède d’une double préoccupation. Il s’agit d’une part, de permettre au Royaume du Maroc, de poursuivre sereinement son train de réformes judicaires, économiques et politiques, tout en faisant résolument face à la crise du modernisme de la société marocaine et de la mondialisation des valeurs de la démocratie.

D’autre part, de saisir les opportunités d’intégrer les inflexions majeures qui se dessinent pour le monde de l’après-crise économique, crise financière et crise de endettement, ne seront pas sans conséquences pour la gestion gouvernementale du Maroc par PJD. La politique générale du PJD sonne-t-elle le glas des ‘’Etats-providence’’ ? Conduit-elle inexorablement vers la fin des rentes de situation du politique des partis-voyous, vers la fin des rentes situations juridiques, religieuses, des privilèges, du népotisme, de l’autoritarisme de l’’adminstration, vers la fin de la corruption, vers la fin des ministères de souveraineté, vers la fin des principes mêmes de la démocratie pluraliste ?

La politique générale du PJD conduit-elle à la fin de l’Histoire des partis de Gauche et de droite, vers la fin des idéologies hybrides ? Vers à la fin du capitalisme libéral au profit d’une économie coopérative ? Vers la fin du Travail au profit du Social ? Vers la fin de la peur du PJD comme Parti–Light fréquentable et sortable à l’image du PJD de la Turquie ? Vers la fin des micro et mini Partis-hizbucules biodégradables, Vers la fin de la ‘’Démocratie sans peuple marginalisé’’ au profit d’une renaissance de la participation des citoyens ?

Les maîtres politiques du PJD, avec leurs penseurs économiques et leurs chercheurs universitaires ont une capacité d’adaptation politique extraordinaire, en présentant un programme politique ordinaire com me une ‘’feuille de route’’ pour non pas un projet de gouvernement, mais un Projet d’une autre civilisa tion (ni occidentale, ni orientale), mais un projet ‘’taillé sur mesure’’ selon les besoins du Maroc, en tenant compte de la mondialisation des économies ‘’globales’’ sans frontière et de l’économie ‘‘locale’’ type d’économie hybride dite ‘’glocales’’. Au lieu de privilégier des explications classiques comme le : Capital, travail, climat, RH, religion ou l’Islam politique etc… Ils s’orientent aujourd’hui vers les principaux facteurs du sous-développement du Maroc.

Il n’y a pas de régions sous développées par la pauvreté, il n’y a que des sociétés sous-développées par l’argent sale, sans éthique politique, sans transparence économique, sans Bonne Gouvernance, sans valeurs économiques, sans culture démocratique pour tous et une méritocratique pour tous telles sont les nouvelles valeurs du programme politique du PJD.Pourtant la corruption de la société et le passe-droit n’est pas une fatalité religieuse.

Ces pratiques sont un crime dans les sociétés de confiance, c’est un suicide pour la démocratie, voire une démission des valeurs religieuses, un défi « pour le concept d’autorité » . Il ne peut y avoir de liberté, de dignité et de respect des valeurs humaines des Droits élémentaires de l’Homme et du citoyen dans un ‘’État de passe-droit. Par contre, les « Régions ruralisées» peu développées par la « décentralisation et la déconcentration » trouvent leur limite dans les partis-voyous, les groupes de méfiance », trouvent leurs sources dans les Sociétés de combine, dans les découpages politiques, dans les ruses commerciales, les tuyaux de métier des professionnels et les ardoises des promesses électorales des partis-voyous etc.

3/ Allal EL MAHEL : Qu’est ce la victoire du PJD est peut être imputable aux sources des islamistes dans le reste du monde arabe?

Le temps de la démocratie pluraliste pour tous et la méritocratique pour chacun est venu pour dire, adieu la sécurité des partis-voyous de la droite ou de la gauche et la protection du marché marocain, bonjour le risque de la mondialisation et la dérégulation de l’économie et surtout de rompre avec les clichés qui opposent Etat Fonctionnel aux Partis politiques, la gestion publique à la gestion privée, bureaucratie au dynamisme, la modernisme à l’archaïsme, flexibilité à la rigidité, sécurité de l’emploi au risque de l’entrepreneuriat…

L’Islam de l’Etat théo-constitutionnel du Royaume du Maroc tolère les Partis Politique d’obédience de l’Islam ‘’Light ‘’, lesmarabouts salafistes et folkloriques et les confréries parareligieux comme Tijania, Idrissia, Kettania etc. s’ils ne font une contre-culture ou contre poids politique en tenant compte des tendances communautaires de la religion islamique de l’école Malikite. L’Etat théologique les maintient souvent dans une tradition réfractaire de la loi islamique, faisant par élever les protestations violentes, nées du désœuvrement moral et du chômage des universitaires des villes, de l’échec des socialismes musulmans accrochés à la religion, par la volonté souvent contestataires.

L’Islam des Etats arabes et des Partis d’obédience islamique sont notamment le front politique et le prétexte économique autour duquel s’affrontent les élites économiques et les exclus du pouvoir Face à l’universalisme occidental, les Etat arabes réactualisent leur patrimoine, surtout quand ils sont en mesure de répondre par un autre universalisme aux valeurs dominantes : l’Islam avec une double lecture, une interprétation extensive et une autre restrictive avec une vision de l’Islam comme un simple système de croyance et une vision de l’Islam inséparable de la politique.

La stratégie du défi se révèle d’autant plus efficace que le monde occidental va de pair avec un essoufflement du modernisme de la technologie avancée et de la mondialisation sans frontière. Aujourd’hui, la croyance dans ceux-ci est en crise. De cette « dépression occidentale » profitent surtout aux partis Politiques à tendance religieuse qui, exclus du pouvoir par les ‘’ dictatures démocratiques des Etats Arabo-Islamiques’’ ou mieux « des Etats arabo-islamiques à démocratie dictatoriale’’ offrent, en alternative au modernisme déficient, une culture puisée dans les certitudes de la cité idéale islamique, plus légendaire que réelle.

La crise paradoxale des valeurs de l’Occident explique, sans doute pour beaucoup, la redécouverte des dimensions de la« culture de l’Islam» soit dans les Partis Politiques, soit dans la marginalité, voire dans la clandestinité lorsqu’ils n’ont pas de place dans les démocraties pluralistes, une redécouverte semblable à celle que l’on a fait du « politique et de l’alternance» des années soixante au moment où l’on commençait à être sensible à la crise de l’Etat moderne dans le monde arable. Mais aujourd’hui, ce n’est plus seulement l’Etat, serviteur infidèle de la modernité des institutions politiques et du développement économique, qui est en cause, c’est la modernité, les démocraties sans peuple, les élections trafiquées, les partis-voyous, l’élite économique est confrontée elle-même avec l’élite politiques et l’élite des technocrates qui peuvent participer au pouvoir et à l’alternance démocratique.

En dehors de la vague du ‘’Printemps arabe’’, de l’internet, de wikileak, de l’Arabisation des systèmes éducatifs, véhicule de la religion, la pénétration de l’éducation religieuse, l’influence de l’Iran chiite, le PJD de la Turquie laïque, les mouvements islamiques en Occident, la religiosité culturelle de l’immigration en Occident, les Problèmes de la Palestine, l’attitude irréversible des Etats-Unis, la ligue Arabe, la conférence islamique, la guerre de l’Irak etc. Les discours des Etats Arabo-musulmans ont familiarisé les populations avec une certaine information socio-politique, les sensibilisent aux problèmes économiques, c’est-à-dire un état d’esprit moderne qui légitime l’économie comme contrainte dominante de l’Etat théologique.

Le nouvel enjeu du libéralisme le plus évident pour l’élite politique, l’élite économique et l’élite religieuse marocaine est le rapport de l’Etat dominant à la dérégulation de l’économie et du partage du pouvoir. Un débat sur les questions d’ordre économique est un véritable drame parce qu’il ne place pas les acteurs face à face devant une table de négociation, il oppose l’Etat à l’entreprise, le libéralisme au protectionnisme, le secteur public au secteur privé, le dilettantisme de l’entreprise marocaine au dynamisme économique de l’Etat, la régulation et le pari de déréglementation, auquel il faut ajouter la défense des intérêts de forces possédantes (patronat de propriété) opposées aux forces dirigeantes (patronat de fonction).

Aux influences des institutions « orientales » de l’Etat théo-marocain et les partis politiques à tendance religieuses exclues s’ajoutent les influences des institutions « occidentales » qui, perverties, sans doute, par l’absence d’une démocratie pluraliste, au profit d’une démocratie confisquée et sécuritaire, introduisent, malgré lui, au Maroc, les notions de liberté publiques (déclaration des droits de l’homme et du citoyen), les institutions à caractères électif (les chambres de commerce et d’Industrie. Les associations, les organisations politiques et syndicales).

La leçon qu’il faut retenir de cet affrontement institutionnel est une leçon d’une nouvelle société marocaine aux valeurs éclatées pour la génération du mouvement du 20 Février 2011, évoluant inéluctablement et irréversiblement vers un genre, un style et un type de société occidentale. L’état, l’entreprise et le patronat réunissent toute une génération de jeunesse, de femmes, d’hommes universitaires, sans ascenseur politique par la méritocratie pour chacun, sans démocratie comme ascenseur politique, génération en pleine crise d’adaptation successive qui cherche, sans les trouver, sans y être efficacement aidée, les moyens de réaliser la transmission entre les méthodes de gestion traditionnelle de la navigation à vue qui ne résiste plus à la modernité et les valeurs de la démocratie pluraliste qui n’est pas encore la sienne pour accepter toutes les sensibilités politiques et religieuses.

Le Maroc ne traverse pas seulement une crise économique, il est aussi le théâtre de très profondes mutations, les échanges internationaux se sont intensément développés, l’économie mondiale connaît des évolutions et des défis qui changent les manières de penser, voire, de percevoir, le réel évolution des idées, des stratégies de longues portées, l’économie réelle est mondiale, la réalité politique est nationale, le patronat marocain regarde avec des yeux d’adolescent, pour employer une expression métaphorique, que la terre est plate, l’Etat l’aperçoit ronde. L’Etat n’est plus une « assurance tous risques » pour les opérateurs économique, pour les rentes de situation politique, sociale et religieuse.

L’Etat marocain qui, n’est ni l’émanation d’un parti politique, ni le produit d’une institution à caractère électif, il est un Royaume du Maroc dont le Roi n’est l’esclave de personnes, ni le Maitre de quelques uns. Il est une institution publique et un patrimoine collectif et historique pour tout le monde. Or, le parti politique dans le cadre du pluralisme démocratique, est un microcosme, un Etat en miniature, en réduction ou tous les pouvoirs de celui-ci : Législatif, exécutif, judicaire, réglementaire, s’exercent sur la communauté partisane, en dehors de la sécurité, la religion, l’institution royale et le garant de l’unité du territoire. Le parti politique élu transpose sur le plan étatique, lorsqu’il arrive au pouvoir, par voie démocratique, sa propre structure et ses propres méthodes de management, de gestion gouvernementale et de direction politique.

L’Etat marocain n’est ni la photocopie de l’ex-puissance protectrice, ni le reflet, inspiré du modèle des institutions françaises. En effet, la génération de l’indépendance du Maroc pouvait certes s’attendre à ce que la France, respectueuse des fondements spirituels de la civilisation islamique, implantât au Maroc indépendant, en même temps que les méthodes de gestion à caractère public, des techniques budgétaires, monétaires et productrices, les institutions démocratiques, politiques et sociales qu’elle appliquait chez elle.

Par un paradoxe qui n’est qu’apparent, les marocains cultivés, universitaires et occidentalisés, firent des réformes démocratiques la base de leurs revendications nationalistes et identitaires. Alors qu’un Etat français démocratique défendait au Maroc, des principes théologiques, qui lui étaient étrangers depuis la séparation de l’Etat de l’Eglise, par contre les héritiers de ces principes, prétendaient assimiler des institutions occidentales en opposition complète avec les influences des institutions orientales. L’état marocain est un complexe qui a ses propres originalités, un complexe politique, encadré, conditionné par les influences des institutions orientales para-islamiques. Le PJD est le produit de cette trajectoire historique sans doute.

4/ Allal EL MAHEL : Est-ce que les forces progressistes disposent-elles d’un avenir politique au Maroc ?

Aujourd’hui, il est gagnant, demain il serait battant, avec l’usure politique, il sera rattrapé par l’alternance de la démocratie pluraliste pour tous qui est concept usable et universel pour les peuples qui ont soif de la participation politique, des Etats de droit, de la méritocratie pour chacun des marocains, à chacun selon ses besoins, à chacun selon ses compétences et ses ambitions personnelles. C’est le rythme de croisière de la démocratie d’un pays qui donne la capacité de changement, l’émergence d’une nouvelle élite politique, économique, sociale, voire théologique à la demande des électeurs, qui valorisent ou sanctionnent des porteurs de projet de société. Regardez la capacité de changement de la société américaine, en 1970, les USA sont encore racistes, en 2008, les Etats –Unis portent Obama au pouvoir pour 4 ans. Les autres sociétés ne changeront pas sans démocratie pour tous.

En dehors des défis de la démocratie et de l’influence de la culture orientale, il y a des défis technologiques qui effectuent les modes de production et les modes de vie, l’entreprise artisanale cède la place aux techniques plus sophistiquées. Il y a une mondialisation de l’économie avec une forte augmentation des échanges entraînant une extrême mobilité des actifs développement pantagruélique des sociétés de service, délocalisation des économies d’échelle avec une nouvelle redistribution des cartes du jeu, dématérialisation de l’économie avec la baisse depuis 1983 des matières premières suite à la montée des matériaux de synthèse et composite d’où allégement des produits, le défi des ambitions légitimes des dirigeants de fonction non propriétaires des postes de responsabilités motivantes et un standing de vie international.

Les modes de vie que le Maroc traditionnel a légués, aux nouvelles générations, s’effacent derrière de nouveaux styles de vie. Aucun domaine de la vie marocaine n’échappe à ce mouvement d’ensemble. A la fois politique, économique, culturelles, sociales, technologiques, idéologiques, religieuses, urbaines et rurales, toutes les mutations, en cours présentent un caractère global et multiforme. Tous ces changements sociaux conduisent à une décentralisation des décisions de l’état à la dérégulation de l’économie, à la dérégulation des institutions politiques, à la dérégulation du marché, des dirigeants de fonction.

A l’épicentre de ces mutations se place l’entreprise. Elle en est l’une des causes et elle en est le reflet. La mutation de l’entreprise répond à la mutation de la société marocaine, c’est à l’esprit d’entreprise du patronat que l’on doit l’émergence des techniques nouvelles. La diffusion très large de biens nouveaux constitue un phénomène culturel de très grande ampleur. Si les modes de gestion de l’entreprise et le mode de vie des employés ont changé, les valeurs culturelles et le style de direction patronal qui l’anime, n’ont pas changé. Le modèle traditionnel fait figure d’archaïsme.

La société marocaine est en train de prendre conscience des exigences radicales de sa modernité. Se priver des certitudes traditionnelles et des croyances religieuses, c’est se jeter dans une aventure indéfinie et inquiétante. Supprimer les fondements islamiques de la vie sociale, c’est soit essayer de vivre et de penser sans garanties futures, soit chercher de nouvelles religions modernes, sans transcendance, telles que marocanisations/ démocratisation, protectionnisme, libéralisme, régulation /dérégulation de l’économie, autoritarisme / démocratie.

Le reflux de ces « religions horizontales », pour employer une expression d’Albert Camus, a laissé un vide que le modernisme et la mondialisation sans frontière ont comblé, par la croissance de la consommation urbaine et la transformation des modes de vie. Mais ce qu’on appelle la crise, en arrêtant ce progrès, suscite des interrogations fondamentales. Le capitalisme, le socialisme, le libéralisme, le protectionnisme et la nouvelle croyance de la dérégulation économique des organisations et des institutions circulent de la même façon dans le monde entier en détruisent-ils les cultures identitaires religieuses particulières.

Les philosophies économiques ont leurs propres lois. La dérégulation économique passe par la dérégulation politique et sociale. La modernité confondue avec technicité et occidentalité, apparaît moins comme une période de l’histoire, définit qu’une idée régulatrice, une culture, un état d’esprit qui s’impose au Maroc. Le principe générateur du dynamisme de la modernité, c’est que rien n’est sacré. La modernité ne s’arrête pas. Elle perce le mystère de la nature et de la culture.

Jusqu’alors, les civilisations traditionnelles qui se réclament des textes révélés par Dieu, ou par des légendes héroïques, ou des tabous, donnent une philosophie des modèles, des normes et des valeurs culturelles, définissent leur identité religieuse, pratiquent une sorte d’automutilation culturelle. Le modernisme n’a pas de discours fondateur : c’est la raison pour laquelle il est difficile d’en définir les limites. La modernité c’est le mouvement plus l’incertitude, écrit Georges Balandier. L’imaginaire est mis en œuvre par l’un, et par l’autre. Il y perd une partie de ses principes fondateurs, dans le temps et dans l’espace. Le modernisme et la mondialisation des valeurs de la démocratie sont une drogue. Ils pénètrent de force la culture du Maroc et la nature Constitutionnelle du régime de l’Etat. Ils sont au centre de toute organisation économique, institution politique ou association culturelle

Ils posent des problèmes moraux, sociaux, et surtout politiques, car la démocratie pluraliste du Maroc, qui maîtrise le champdes Partis politiques pour la conquête du pouvoir, cherchent e aujourd’hui à discipliner l’élite économie et l’élite politique des binationaux, exclue de la participation politique. Après avoir intégré la vie sociale à un ordre rationnel, L’Etat ne progressera qu’en étendent la maîtrise de l’enjeu culturel, à tous les points de repère de la société y compris pour les élites économiques vivant à l’étranger. (Ils n’acceptent plus de jouer les portefeuilles de devises pour leurs enfants, exclus de conquérir le pouvoir par la démocratie. Il a encore des efforts à faire.

La culture marocaine a finalement trouvé dans la démocratie pluraliste un centre de la vie économique, une source d’un renouvellement de l’élite politique et l’élite sociale de la société civile qui va du Maroc agricole au Maroc industriel. L’entreprise marocaine s’adapte difficilement à son environnement économique, technologique et social sans compter son environnement institutionnel et politique ? Les Partis à obédience religieuse sont, sans doute, aussi, le plus extraordinaire phénomène culturel du modernisme, de mondialisation et de la démocratie pluraliste du Maroc.

L’idéologie semi-religieuse et semi-politique du PJD dont l’une cache l’autre, en raison du code des partis politiques, se déplacent vers la logique de l’économique socio-libérale et l’entreprise citoyenne, montée en épingle par le programme du Parti Politique du PJD gagnant et battant, valorisée par les professionnels du Markéting politique de la communication, externe et interne, qui perçoivent d’en haut un véritable créneau prometteur et promoteur pour le Maroc de demain. Pr Abdelatif FEKKAK

[1] Pr Abdelatif FEKKAK (PES) qui, est un Ex-Professeur de management et de Politique générale et de théorie des Organisations à l’ISCAE durant 30 ans et Past-Professeur-visiting at Georgetown university (Washington DC) durant 3 ans, est détenteur d’un triple Doctorat : Un Doctorat d’Etat en économie de (1999) Université Hassan II /Casa, Doctorat es Sciences de gestion et d’organisation (Paris XI Dauphine Université 1985, et un Doctorat de 3è cycle en Sociologie politique (Paris X Nanterre Université et EHESS 1976, thèse dirigée par le Pr Raymond Aron. Master sur le développement biculturel des entreprises du monde arabe (Euro-Arab Management School-EAMS) en Espagne 1994. Consultant international en formation et organisation BM, BAD, FIDA, FAO, OMS, GTZ ; Auteur de plusieurs livres (15) et en co-auteurs (10), plus 250 Articles de fond en management depuis 1980. Ex Conseiller politique du Ministre de l’Enseignement Supr et de la Recherche Scientifique (1998à 2001). Aujourd’hui, Président de la « Grande Ecole de Management » (GEM+) à Casablanca, E-mail : afekkak@gem.ac.ma Website : www.gem.ac.ma. Il est Président du Rotary Club de Californie Casablanca (mandat 2009/2011). Il est aussi Secrétaire Général de l’ONG Maghreb+ avec la déclaration d’Alger (pour les 5 pays du Maghreb) ; Pr Abdelatif FEKKAK a organisé déjà les grand Forum du Maghreb l’un à Alger, l’autre à Casablanca en partenariat avec le Centre de Recherche Scientifique LINKS l’Université de Hassan II). Il est auteur de plusieurs livres, voire liste sur le blobspst du Pr Abdelatif FEKKAK et facebook/FEKKAK ./.

Publié il y a 8th December 2011 par Pr Abdelatif FEKKAK

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