LES SOCIÉTÉS A HAUT RISQUE POLITIQUE A LA LUMIÈRE DU PRINTEMPS ARABE

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LES SOCIÉTÉS A HAUT RISQUE POLITIQUE A LA LUMIÈRE DU PRINTEMPS ARABE

afekkak@gmail.com
LES SOCIÉTÉS A HAUT RISQUE POLITIQUE A LA LUMIÈRE DU PRINTEMPS ARABE

Par Pr Abdelatif FEKKAK (PES) [1], Pdt de la FMDEA (siège à Bruxelles), Secrétaire Général du Maghreb +

Le thème de cette intervention est quelques peu provocateur, et quelque peu pédagogique, qui s’intitule ‘’les Sociétés à haut risque politiques à la lumière du printemps Arabe’’, péda-gogique en raison de la nouveauté des concepts dans le cadre de la sociologie politique ou les sciences politiques. Le choix du thème qui, est un choix d’analyse des risques politiques dans le monde Arabo-musulman  dans le cadre des débats de la société civile qu’organise les think tank de l’IMRI,  dans l’objectif de la marche e la démocratie et le droit de l’homme et du citoyen  :

1/ Un thème d’actualité pour le Monde Arabo-musulman dont le défi est de poser plus questions sur les risques politiques d’implosion ou d’explosion que de réponses sur la stabilité des sociétés menacées par la théorie de dominos à l’instar des Pays de l’Est qui sont devenus après l’Est de l’Europe, poser plus d’hypothèses sur la mise en place des démocraties pluralistes que de résultats des réformettes, mises en place, poser plus que d’impression sur la stabilité politique des pays Arabo-musulmans que de certitudes sur ‘’le risque  zéro’’, plus d’objectivité incertaine  sur ‘les risques d’imposition ou d’exposition que de subjectivité certaine des Etats despotiques à l’heure orientale ou des Etts-voyous qui marchent au ‘’dièsel’’ pour changer.

2/ Thème d’actualité : qui, sous les feux des projeteurs de la scène mondiale, tombe à point nommé pour lancer le débat de société sur la notion ‘’de risques qui fait fortune aujourd’hui. Le concept est utilisé pour désigner des phénomènes aussi disparates que les risques politiques, que les risques religieux, que les catastrophes nucléaires (Tchernobyl en Russie et Fukushima au Japon), que la maitrise de la technologie des bombes atomiques (Iran, Israël et Corée du Nord), que les OGM (Organisme Génétiquement Modifié), que les accidents de la circulation routière, que les risques de la vache folle, que les risques de la pauvreté et de l’ignorance, que les risques des médicaments des industries pharmaceuti ques, que les risques les oiseaux migrateurs et de la volaille porteuse de grippe aviaire (la souche H5N1), la radioactivité de la Hague, les risques de propagation du Sida par le tourisme sexuel, que les risques de l’immigration, les risques des coups d’Etat etc..

La notion de la sociologie du risque est devenu politique, social, technologique, économique, écologique sanitaire, a son vocabulaire : majeur ou diffus, choisi ou subi, maitrisé ou pas. Les analyses du printemps arabe avec ses espoirs et ses réalités, c’est là que réside l’originalité des sociétés contemporaines du monde Arao-musulman qui serait non seulement devenus des sociétés à ‘’risque Politique d’implosion ou d’explosion, imprévi sible et imprédictible, et sans coup de semence, mais aussi la réalité médiatique continue de soulever des questions politiques, religieuses, économiques et sociales et que sais-je ???

Dans le cadre des Relations Internationales et diplomatiques, les pays démocratiques ‘’Occidaux’’ autant que les pays à risque  politique ou théologico-politique, s’interrogent sur les ‘’risque zéro’’ des causes et conséquences des Printemps Arabe (aves ses réalités et ses espoirs), sur la prévention par les délocalisations des multinationales, sur les offshoring, sur les centres d’appel, sur l’Outsourcing, sur la délocalisations des entreprises industrielles, sur les accords du libre échange et de partenariat ou d’association, sur l’assurance des échanges extérieurs, sur la responsabilité de la mobilité de l’immigration politique ou économique.

La diplomatie économique et les lobbyings peuvent-ils fournir des solutions alternatives pour diagnostiquer les sociétés à risque politique en attente d’une explosion sociale comme les fameuses bombes à nœud explosif à retardement  comme un feu d’artifice dans chaque pays du Monde Arabo-musulman ? le risque est devenu désormais bcq plus qu’une menace. Il est devenu une mesure politique des actions collectives des Etats et des Sociétés.

A la logique de la répartition  des richesses de chaque pays s’efface devant un nouveau logiciel de la répartition des pouvoirs politiques avec de nouvelles réformes d’Etat, de nouvelles Constitutions, de nouvelles règles de la Démocratie pour tous et la méritocratie pour chacun.

Le printemps Arabe nous contraint à s’interroger continuellement à l’IMRI sur les fondements des valeurs culturelles, sur les valeurs ajoutées des religions à la démocratie, sur le choix des politiques publiques de l’intérieur qui reflète forcement la politique publique de l’extérieur, reflète le ‘’risque politique’’ des Etats menacés par les mouvements politiques religieux, pilotés par un logiciel des incertitudes, instables et bouillonnant de l’intérieur et le concept de ‘’risque-pays’ qui, est vue de l’extérieur comme, un concept économique  mesurable pour les investisseurs étrangers, selon la grille d’endettement, les risques de changement politique, coup d’Etat et les assureurs de l’import/Export par la Coface, Hermès, etc ?

Ces deux visions sont intégrées dans deux (2)  théories des sociétés des nouveaux mondes : 1/Théorie des Sociétés répétitives et stables à horloge biologique de Karl POPPER : et 2/ Théorie des Sociétés à risque et du monde incertain ( Pr Urlick BERCK)

1/Théorie des Sociétés répétitives et stables à horloge biologique              de Karl POPPER :

Il n’y a pas d’incertitude dans les sociétés qui fonctionnent comme une horloge biologique avec ses régularités du comportement, un monde de certitude, un monde d’ordre réglé par les religions/ Il n’y a pas de prédiction à faire. Le monde est un modèle mécanique : la terre tourne autour du soleil 24/24, les saisons et les cycles sont les mêmes depuis des millénaires, les statistiques (naissance 50/50 filles et garçons), la naissance, la reproduction et la mort, les lois des statistiques, le sommeil de sommeil, veille, les rythmes cardiaques, les rythmes scolaires, les cycles économiques etc.. tout est régulier dans un clos qui se répètent.

Même les religions qui, renforcent cette stabilité des sociétés selon modèle répétitif d’une horloge politique, fonctionnant, sans risque de changement politique, comme disait Montesquieu, il y a trois (3) régimes qui participent à la logique de la prise de pouvoir par la force pour la stabilité politique, sans légitimité, faisant croire pour un salut public, s’autoproclame la sacralité des Dieux sans légalité de l’Etat, que l’on a fait croire au peuple  jusqu’au printemps arabe 2011: le despotisme, les oligarchies militaires ou religieuses et les monarchies de droit divin ou droit constitutionnel.

1/ Les Despotismes : Sont des régimes qui reposent, sur la faiblesse de la bonne gouvernance, reposent sur la force avec un pouvoir brutal, instaurant des ‘’démocraties dictatoriales ou les dictatures démocratiques’’, régimes où les sociétés sans  qui, vivent dans la paix de terreur politique, donnent l’impression des sociétés sans risque politique et stable avec des ‘’démocraties sans peuple’’.

Font croire quand ils le peuvent au peuple des fariboles : comme des envoyés de Dieux pour le salut public après leur coup d’Etat.  Les despotes peuvent se doter de légitimité par les urnes ou par la force après les coups d’Etat, par la ploutocratie (corruption), avec des ‘’Pseudo-démocraties’’ à risque politique.

Cependant dès qu’il y a un mouvement politique, la terreur disparait, le peuple se libérer par la force, le régime s’effondre parce que les dictatures s’autodétruisent en créant les germes de sa propre de destruction. Le monde arabo-musulman rentre parfaitement dans ce type culturel de ce régime clos et despotisme dont l’horloge sociétale est à l’heure orientale.

Les sociétés Arabes qui, étaient hier des Sociétés sans risque, vue de l’Occident, sont devenues aujourd’hui de ‘’nouvelles sociétés à haut risque politique’’, car elles n’ont pas encore fini leur trajectoire politique et historique (au sens de l’Ecole de Franckfort). Elles sont des sociétés historiques qui, en dehors du bouillonnement politique de la société,  viennent de re-découvrir ‘’ la culture de l’islam-politique’’, comme un instrument pour la conquête du pouvoir, une redécouverte semblable à celle que les sociétés ont fait du ‘’politique’ des années 50 à 60 au moment ou l’on à commencé à être sensible à la décolonisation des Etats du monde arabe.

2/ Les Oligarchies  de l’Islam élitaire et l’Islam Populaire ou les Militaires.

L’islam élitaire est aujourd’hui en face frontal de l’Islam populaire des Frères musulmans et les Safafistes et les islamistes modérés contre le modernisme des sociétés Arabo-musulmane et des Etats affrontés aux exigences de la démocratie pour tous et de la méritocratie pour chacun.

Le modernisme qui, est confondue avec technologie avancée, avec la démocratie pluraliste, avec l’occidentalité des institutions à caractère électif, apparaît moins comme une période de l’histoire, définit plutôt comme une idée régulatrice, une culture de la technologique, un état d’esprit qui s’impose dans le monde Arabo-musulman.

Le principe générateur du modernisme des Etats et des Sociétés, c’est que rien n’est sacré. La modernité ne s’arrête pas. Elle perce le mystère de la nature et de la culture. Les philosophies économiques ont leurs propres lois. La dérégulation économique passe par la dérégulation politique et sociale.

Jusqu’alors, les civilisations traditionnelles qui se réclament des textes révélés par Dieu, ou par des légendes héroïques, ou des tabous, donnent une philosophie des modèles, des normes et des valeurs culturelles, définissent leur identité, pratiquent une sorte d’automutilation culturelle. Le modernisme n’a pas de discours fondateur : c’est la raison pour laquelle il est difficile d’en définir les limites la stabilité politique des sociétés Arabo-musulamanes.

Le modernisme, c’est le mouvement plus l’incertitude, écrit Georges Balandier. L’imaginaire est mis en œuvre par l’un, et l’interprétation restrictive ou extensive du ‘’politico-religieuse’’ des textes révélés par d’autres leaders à Fatwa subjective. Il y perd une partie de ses principes fondateurs, dans le temps et dans l’espace. Le modernisme qui, est une drogue mortelle, est un logiciel qui n’a pas d’ADN pour mesurer son identité ou sa portée dans les sociétés Arabo-musulmane. Le modernisme pénètre de force la culture politique et la nature des systèmes. Elle au centre de toute organisation économique, institution politique ou association culturelle.

Le modernisme  des Sociétés Arabo-musulmanes pose des problèmes moraux, sociaux, et surtout la problématique du partage des richesses économique et du pouvoir politique à travers de nouvelles règles de la démocratie. Si la démocratie pluraliste a maîtrisé la politique, elle cherche à discipliner l’économie libérale en tenant compte des lois du marché et surtout de la mondialisation. Après avoir intégré la vie sociale à un ordre rationnel, la démocratie pluraliste ne progressera qu’en étendent la maîtrise de l’enjeu culturel, à tous les points de repère des sociétés Arabo-musulmanes.

 

L’Islam des Etats arabes est notamment le front politique et le prétexte économique autour duquel s’affrontent les classes sociales élitaires occidentales et orientales et les exclus du pouvoir notamment les frères musulmans et les salafistes durant une Trentaine d’années jusqu’aux événements du Printemps Arabe.

Face à l’universalisme occidental du libéralisme économique, les Etat arabo-musulmans réactuali sent leur culture politique en matière de démocratie et matière des Droits de l’homme, surtout quand ils sont en mesure de répondre par un autre universalisme oriental aux valeurs dominantes : l’Islam et la Chariaa, contradictoires avec des sociétés d’Etat de droit. Les Monarchies qui furent de Droit de Divin, devient des Monarchies constitutionnelles désacralisées. Car elles évoluent mieux avec les Printemps Arabes en s’y adaptant aux exigences du temps, face aux événements politiques actuels.

3/ Les Monarchies  constitutionnelles:

A la différence du despotisme, et la ressemblance de l’autoritarisme des oligarchies élitaires religieuses ou militaires, les monarchies de droit divin ou des monarchies constitutionnelles sont plus légitimes. Une monarchie constitutionnelle est un type de régime politique qui reconnaît un monarque désigné ou héréditaire, ‘’trop désigné comme Prince, pour être plbiscité’’ comme à la fois chef de l’État et comme chef religieux, mais où une constitution peut limiter ses pouvoirs et ses prérogatives.

Les monarchies constitutionnelles du monde Arabo-musulman sont le plus souvent des monarchies royales semi-parlementaires et semi-présidentielles avec un système de séparation des pouvoirs où le Monarque est le chef symbolique du pouvoir exécutif. Ce pouvoir est en pratique dévolu à un premier ministre nommé par le Monarque, et devant avoir le soutien du Parlement, envers lequel son gouvernement est seul responsable.

En cas de crise politique ou gouvernementale, la monarchie constitutionnelle qui, joue un rôle neutralité politique, peut aussi jouer les offices pour un rôle de médiateur, voire pour un pouvoir modérateur, voire d’arbitre dans les conflits politiques entre les coalitions gouvernementales.

   L’Etat théologico-juridique du monde arabo-musulman qui, n’est ni l’émanation d’un parti politique unique, ni le produit d’une institution à caractère électif, n’est ni la photocopie de l’ex-puissance protectrice ou coloniale, mais le reflet des modèles des institutions françaises anglo-saxonnnes.

En effet, la génération de l’indépendance du Monde arabo-musulman, pouvait certes s’attendre à ce que l’Occident, respectueux des fondements spirituels de la civilisation islamique, implantât au Maroc indépendant, en même temps que les méthodes de gestion à caractère public, des techniques budgétaires, monétaires et productrices, les institutions démocratiques, politiques et sociales qu’il  appliquait chez lui ou chez soi.

Par un paradoxe qui n’est qu’apparent, les élites occidentales évoluées, firent des réformes démocratiques la base de ses revendications nationalistes. Alors qu’un Etat démocratique défendait au Maroc, des principes théologiques, qui lui étaient étrangers depuis la sépara-tion de l’Etat de l’Eglise, par contre les héritiers de ces principes religieux, prétendaient assimiler des institutions occidentales en opposition complète avec les influences des institutions orientales  à caractère islamique.

Les Etats théo-Monarchiques du monde arabe qui, sont des  complexes ayant leur propre originalité avec un caractère typique, soit français, soit anglais, des complexes politico-religieux, conditionnés par les influences des institutions orientales para-islamiques plus les valeurs ajoutées culturelles locales du schisme (sunnite ou chiite) en plus des écoles religieuses malikites, chafiites, wahabite, hanbalite etc….

L’Islam de l’Etat théo-juridique tolère les marabouts au Maghreb et les confréries parareligieux au Machrek s’ils ne contredisent pas les tendances communautaires de l’Islam officiel de l’Etat. Il les maintient souvent dans une tradition réfractaire de la loi islamique et l’Etat de Droit, faisant par l’élever protestations violentes, nées du désœuvrement morale et du chômage intellectuel des villes, de l’échec des socialismes musulmans accrochés à la religion, par la volonté souvent contestataires.

Les discours de l’Etat du monde arabo-musulman depuis les indépendances sont familiarisé les citoyens avec une certaine information socio-politique, les sensibilisent aux problèmes économiques des caisses de compensation, le régime des retraites, la réforme de la fiscalité, les réformes de l’éduca tion, des dépenses des politiques publiques, c’est-à-dire un état d’esprit moderne de la démocratie qui légitime les crises économiques comme une contrainte dominante des l’Etat, gérant des sociétés à risque politique dans un monde d’incertitude. C’est la fin des rentes de situations religieuses ou politiques ?  Quand le peuple n’est pas préparé à recevoir l’idée de la démocratie et la laïcité, l’idée risque d’être biodégradable.

La mutation politique de la société à lumière du printemps arabe répond à la mutation du monde arabo-islamique qui a compris que la mondialisation sonne le glas des Etats-nations dépassés. La mondialisation  au niveau social va inexorablement vers la démocratie pluraliste :

1/ La fin des sociétés à  économie de rentes au profit de la compétitivité économique

2/ La fin des sociétés à rentes de situations politiques au profit de la méritocratie

3/ La fin des sociétés  à rentes de situations religieuses au profit de la laïcité des Etats modernes

4/ La fin des Etats sans taille critique au profit du Maghreb Uni (UMA)

5/ La fin des Partis Politiques conservateurs religieux au profit des Partis modernes

6/ La fin de ‘’la démocratie sans peuple’’  au profit de la démocratie pluraliste

7/ La fin des sociétés Partis Politiques voyous au profit des Partis visionnaires.

La problématique du devenir historique du monde Arabo-islamique est comment passer d’une société de passe-droit à un Etat de droit, passer d’une société de népotisme à une société de méritocratie, passer d’une société d’exclusion économique à une société d’intégration sociale par la démocratie, passer d’une société de type ‘’perdant/ gagnant’’ à une société ‘’win/win’’, passer d’une société de la ‘’lutte des classes sociales’’ à la ‘’lutte des places’’ par l’ascenseur de l’éducation, passer d’une société de vautours à une société de faucons,

Passer d’une société de combine politique névrogène à une société de changement par les projets politiques, passer d’une société sans gouvernail à une société de Bonne Gouver-nance et enfin passer d’une société de méfiance ou de combine et à une société de confiance avec la démocratie pour tous et le méritocratie pour chacun dans système etc… c’est la fin des sociétés répétitives à l’horloge biologique interne à l’heure orientale, mais un nouveau monde d’incertitude et de risque politique de l’on va étudier dans cette seconde théorie.

      2/ Théorie du monde incertain et du risque de Ulrick BECK

L’analyse empirique interne de la théorie des ‘’Sociétés à Horloge biologique interne’’, selon le ‘’monde répétitif et mécanique de Karl Popper» confirme le contraire de ce que l’examen externe de  des théories du ‘’monde incertain, mais dynamique dans le logiciel des sociétés modernes du risque ‘’laissait déjà prévoir. Il ne faut pas s’attendre à découvrir, dans le monde Arabo-musulman, des institutions à caractère électif, complexes et perfectionnées. Les démocraties naquirent hier après les indépendances, (50 ans environ), sont en période « d’adolescence  politiques» aujourd’hui.

Certaines démocraties Arabo-musulmanes dites pluralistes, sont sociologiquement parlant folklorique, sont ‘’trop peu invertébrées’’, pour les rattachés ou 3 ou 4 aux régimes politiques (présidentielles, parlementaires, et semi-semi de l’une et de l’autre sans cohérence juridique), Elles sont aussi ‘trop peu ossifiées’’ pour les rattachés à l’une des trois types de la sociologie des organisations. Les Sociétés Arabo-musulmanes ne cherchent pas encore ‘’démocraties pluralistes laïques’’, mais elles se cherchent dans des sociétés théo-juridiques à risque politique imprévisible parce que  nous vivons dans un monde des incertitudes et du  risque du modernisme des sociétés d’aujourd’hui :

       1/ Le monde est donné comme une image métaphorique : un nuage est irrégulier et change tout les jours pour les météorologies depuis 1884, avec un ordonné désordonné, une désorganisation organisée. Contrairement au Monde répétitif et mécanique de Karl POPPER, le monde des incertitudes d’Ulrick BECK, est un modèle instable et dynamique, imprévisible et imprédictible. Le paradigme  de ces incertitudes est la recherche de l’éclipse des crises (politiques, économique, financière, d’endettement, et de confiance des marchés)

Le Pr Ulrick BERK, qui, de l’université de Munich, est une figue publique en Allemagne est auteur d’une œuvre abondante sur ‘’la sociologie du Risque’’, consacrée notamment aux œuvres sur le développement du modernisme, de la mondialisation avec ses conséquences sur les changements technologiques. Le choix politique du libéralisme économique et le choix du modernisme des institutions politiques à caractère électif, s’impliquent forcement les ‘’sociétés du risque’’ dans un monde de plus en plus dangereux qu’auparavant,

2/ Le risque est désormais beaucoup plus qu’une menace : il est devenu non seulement une unité de mesure des actions collectives politiques, parce le ‘’risque zéro’’ du changement, n’existe plus avec le modernisme, la démocratie pluraliste et la logique de la mondialisation sans frontière économique, sans frontière politique, sans frontière culturelle et technologique et sans frontière des images satellitaires télévisuelles et d’internet.

A une logique de la répartition des richesses planétaires a succédé un nouveau logiciel de la répartition des risques politiques dans le monde. On est contraint dès lors de s’interroger en permanence sur les fondements du modernisme.  A ce titre, ‘’Les sociétés  à risque politique‘’ font, désormais de l’avenir des sociétés arabo-musulmanes, une question du présent à risque de changement politique brutal ?

Le temps est venu pour dire dans ce monde d’incertitude, Adieu la sécurité et la protection du marché ouvert à la concurrence, bonjour le risque et la dérégulation de l’économie et surtout de rompre avec les clichés qui opposent Etat à l’entreprise, la gestion publique à la gestion privée, bureaucratie au dynamisme, le modernisme à l’archaïsme, flexibilité à la rigidité, sécurité au risque…

3/ La société à risque politique se mesure :

1/ Absence de la Bonne Gouvernance  et le respect des Droits de l’Homme et du citoyen dans un Etat de Droit qui relève plus de l’état de la culture démocratique que de l’état de la nature de la religion comme disait déjà Socrate en son temps, en dehors des interprétations restrictives ou extensives de la même religion, de la même géographie, de la même culture, de la même langue, de la même historique

2/ Absence des valeurs de la démocratie pour tous, et la méritocratie pour tous et non pas ‘’une démocratie sans peuple’’ et folklorique.

3/ Absence d’Ethique politique dans le monde Arabe (aucun pays exemplaire, digne d’Ethos)

4/ Absence de Transparence économique

5/ Absence du choix du casting des Hommes d’Etat et des Hommes Politiques au profit du népotisme et le clientélisme, l’absence de choix des « oiseaux rares’’ au profit ‘’des moineaux’’, absence du choix ‘’des gosses légumes’’ au profit des ‘’navets de la politique’’, absence du choix collectif ‘’des gros poissons  au profit des‘’ sardines’’,  le choix du ‘’gros gibiers’’ au profit  des ‘’poules mouillées’’.

6/Absence de qualité de justice et d’équité, et l’absence d’ascenseur social pour les universitaires au profit des populistes.

7/ Absence de développement du pays avec ce que la Banque Mondiale appelle le GAR (Gestion Axée sur les Résultats) des Hommes politiques ou des technocrates de structures.

8/ Absence de Partis Politiques, qui ne sont pas porteurs de projet de société dans le cadre des valeurs de la démocratie pluraliste. La lutte des classes sociales s’est métamorphosée en « lutte des places politiques’’.

Conclusion

Difficile à prévoir, aussi bien le ‘’société à risque politique’’ ‘’risque-pays’, telle parait être la nature de ces deux concepts distincts dans ‘’les sociétés en mouvement de l’intérieur et en incertitude politique de l’extérieur’’ comme le disait Georges Balandier. C’est la façon dont les notions de risque, d’incertitude et d’enjeu géostratégique que  l’on distingue le concept risque pays, lié à un marché, un territoire, où un support géographique.

Le concept ‘risque politique’’ est lié par le régime politique, celui de l’Etat-Nation. Si Bismark, nous rappelle : ‘’que c’est avec la géographie que l’on fait de la politique’’, H. Jouvenel dans son livre (A l’heure de la mondialisation) rappelle que les pays  à risque politique sont concerné par la mise à niveau des démocraties, et les  grandes réformes d’Etat.

C’est le risque lié à une situation politique ou une décision du pouvoir politique : risque de révolution, de  changement de régime, risque de coup d’Etat, risque de prise de pouvoir par les extrémistes religieux, risque de confiscation de la démocratie, risque de nationalisation sans indemnité suffisante, risque exclusion de certains marchés islamiques ou banques islamiques, risque d’une des réformes de fiscalité discriminatoire pour les classes sociales.

Aujourd’hui, dans les sociétés incertaine, la problématique des risques politiques et des menaces religieuses, à caractère populiste, ont en effet remplacé celle de la notion de changement : Ce qui caractérise l’activité politique dans des pays ‘’non démocratique’’ ou ‘’pseudo démocratique’’ est dorénavant bien plus la capacité à trouver des solutions telles des Grandes réformes d’Etat, des réformes de justice, sur l’éducation, la fiscalité, des dépenses publiques et des évaluations des politiques publiques, la santé, le transport, la régionalisation, les caisses de compensation, sur la  base des nouvelles règles démocratiques.

Pour bien comprendre ce qui se joue dans les pays à risque politique, il faut accepter de considérer l’ambigüité radicale d’une nouvelle situation de mouvements de fronde, de révoltes, voire de révolutions politiques pour des pays qui n’ont connu que la ‘’dictature démocratique ou une démocratie dictatoriale’’. Si les ‘’démocraties sans peuple’’ sont inefficaces, elles sont légitimement (pas légalement) balayées par les’’ mouvements politiques’’. Comme le disait Georges Balandier, ‘’un mouvement, c’est la modernisation des sociétés  + les incertitudes politiques’’

Sinon, il faut inverser l’hypothèse de travail, et encourager la crise économique et politique, parce qu’elle est salutaire et salvatrice, elle remue le coquetier les structures sociales et politiques qu’elle remet en cause, et elle donne une excellente opportunité aux nouvelles classes sociales à travers la jeunesse de surfer et prendre les réformes nécessaires d’Etat pour répartir les richesses et le pouvoir.

Les discours de l’Etat sont familiarisé le patronat avec une certaine information socio-politique, les sensibilisent aux problèmes économiques, c’est-à-dire un état d’esprit moderne qui légitime l’économie comme contrainte dominante de l’Etat.

Le nouvel enjeu du libéralisme le plus évident pour la société arabo-musulmane est le rapport de l’Etat à la dérégulation de l’économie. Un débat sur les questions d’ordre écono-mique est un véritable drame parce qu’il ne place pas les acteurs face à face devant une table de négociation, il oppose l’Etat à l’entreprise, le libéralisme au protectionnisme, le secteur public au secteur privé, le dilettantisme de l’entreprise au dynamisme économique de l’Etat, la régulation et le pari de déréglementation, auquel il faut ajouter la défense des intérêts de forces possédantes (patronat de propriété) opposées aux forces dirigeantes (patronat de fonction) auxquels faut-il ajouter les nouveaux populistes qui instrumentalisent l’Islam politique.

Aux influences des institutions « orientales » de l’Etat théo-juridique s’ajoutent les influences des institutions « occidentales » qui, perverties, sans doute, par le colonialisme, introduisent, malgré lui, au Monde Arabo-musulman, les notions de liberté publiques (déclaration des droits de l’homme et du citoyen), les institutions à caractères électif (les chambres de commerce et d’Industrie. Les associations, les organisationsn et les institutions politiques et syndicales).

La leçon qu’il faut retenir de cet affrontement institutionnel est une leçon d’une nouvelle société du monde arabo-musulman aux valeurs éclatées pour la génération d’après l’indépendance du pays, évoluant inéluctablement et irréversiblement vers un genre, un style et un type de société occidentale démocratique, pluraliste et laïque.

Pour comprendre  ces « nouvelles sociétés à risque politique, il es aujourd’hui nécessaire de penser les politiques publiques, dans le cadre d’une nouvelle forme d’économie mondiale dont les caractéristiques principales sont porteuses de nouvelles formes d’incertitudes ou de risque-pays. – Les enjeux du savoir de la nouvelle économie mondiale reposent tout d’abord sur la maîtrise de trois (3) domaines :

1/ Recherche/Développement : électronique, biotechnologies et matériaux composites.

2/ Les technologies combinatoires (informatique-télécommunication, informatique-biologie, etc.) issues de cette troisième révolution ont un champ d’application immense dans la sphère de la production.

3/ La révolution industrielle modifie en profondeur les conditions de la concurrence internationale. Elle favorise les Etats ou les entreprises dont le potentiel de recherche/développement et les capacités de financement sont élevés. Dans les nouvelles productions, le contenu intellectuel’ immatériel’’ tend à prendre le pas sur le contenu « matériel » comme le prouvent les exemples suivants : le montage d’un circuit électronique mobilise aujourd’hui 2% de matières premières et 98% d’intelligence.

C’est au 17ème siècle, précise E.Morin (il parle de « crise paradigmatique »), que « la science naissante élabore ses principes et méthodes qui vont constituer le nouveau paradigme d’une connaissance désormais disjointe et émancipée de la politique, de la religion, de la morale, et même de la philosophie. C’est dans ce vaste et profond réaménagement que la nouvelle connaissance formule ses règles du jeu [Galilée, Bacon, Descartes].

C’està partir des années 60 et 70 que les pays Développés  vont être ainsi progressivement amenées à se doter des moyens d’information et des outils les plus sophistiqués pour lire et parfois anticiper la réalité ou l’évolution du contexte politique de leurs opérations.

C’est donc entre les années 1980 et 1990, qu’un certain nombre d’auteurs américains issus des milieux de l’entreprise ou de l’université (Wharton, Harvard, Columbia, etc.) conçoivent la notion de risque politique et tentent de proposer des méthodes (« grand tours », « old hands », « Delphi techniques » et « quantitative methods ») permettant aux chefs d’entreprise d’en apprécier l’incidence sur leurs projets d’investissement. Sans développer ici leur « integrated approach » nous signalerons quand même la distinction qu’ils font entre « political uncertainty » et « political risk ». Elle reprend nos précisions sémantiques, tout en leur donnant une traduction concrète.

Selon ces auteurs, « Political uncertainty describes an unmeasured, subjective doubt about a political environrnent. Political risk denotes a relatively objective measurement usually resulting in a probability estimate of that doubt »8. En d’autres termes, tout élément qui, dans l’environnement politique des affaires suscite » le doute » (mesures réglementaires prises par les Etats, ou événements déclenchés par divers groupes sociaux :

terrorisme, grèves, révolutions – susceptibles d’affecter l’activité d’une entreprise, etc.) mais se prête à la mesure ou au calcul des probabilités, relève du risque politique; à l’inverse, tout élément qui, dans cet environnement, suscite « le doute », mais relève de l’appréciation subjective et ne se prête pas à la mesure, relève du domaine de l’incertitude.

Le changement politiques est toujours un apprentissage collectif de la démocratie pluraliste dans lequel personne ne peut à l’avance savoir s‘il a ou aura raison des risques et des menaces politiques. Les circonstances n’ont plus Grande chose à voir avec le fondement de sciences des organisations ou des sc Po, il est ici question de processus et de mouvement  et de changement dans l’incertitude pour  des raisons  suivantes :

1/ Le changement dans une Sté en mouvement est devenu permanent

2/ L’Etat stable fait figure d’incident

3/ Le conflit devient légal et légitime avec  la démocratie

4/ le Changement dans une Sté en mouvement est généralement conçu comme un risque politique

5/ LE changement dans une Sté en mouvement est associé à l’idée des progrès des réformes de l’Etat

6/ Le changement dans une Sté en mouvement s’oppose à la routine et à l’ordre établi.

7/ Le changement dans une Sté en mouvement bénéficie souvent d’un jugement de valeur positif

8/ Les leaders politiques eux-mêmes affirment aujourd’hui à la lumière du printemps arabe. Vouloir réforme les  chantiers des Etats : Réforme de justice, réforme de fiscalité, reforme des dépenses publiques, réforme  d’éducation, réforme des découpages électoraux, réforme de la régionalisation etc.

9/ modifie le comportement économique des classes sociales dans  la société, rééquilibre des grandes comptes macro-économiques, modifient la réforme de le fiscalité en fonction la nouvelle composition des structures sociales, avec une ‘’démocratie pour tous et la méritocratie pour chacun, sinon il y risque politique d’avoir des ‘’démocrates sans peuple’’, les ministres sans portefeuille, des ministres sans classe, les Etats sans territoires etc…

10/ Le changement dans une Sté en mouvement permet aux leaders des PP dans les pays démocratiques de se placer du côté du progrès économiques et politiques. Or dans ces nouveaux Partis Politiques de type religieux (avec un logiciel de raisonnement islamo-Politiques ou Théologico-politiques), qui se placent  dans une logique à son unique, sans alternative démocratique, destinée pour répondre à la consommation interne, ont transformé les ‘’la lutte des classes en lutte des places’’. Il y a dans ces nouvelles sociétés un risque politique de changement brutal.

Difficile à prévoir, aussi bien le ‘’société à risque politique’’ ‘’du risque-pays’, telle parait être la nature de ces deux concepts distincts dans ‘’les sociétés en mouvement de l’intérieur et en incertitude de l’extérieur’’ comme le disait Georges Balandier. C’est la façon dont les notions de risque, d’incertitude et d’enjeu géostratégique que  l’on distingue le concept risque pays, lié à un marché, un territoire, où un support géographique.

Le concept ‘risque politique’’ est lié par le régime politique, celui de l’Etat-Nation. Si Bismark, nous rappelle : ‘’que c’est avec la géographie que l’on fait de la politique’’, H. Jouvenel dans son livre (A l’heure de la mondialisation) rappelle que les pays  à risque politique sont concerné par la mise à niveau des démocraties, et les  grandes réformes d’Etat.

« Le risque », dont l’analyse dépend de l’opération envisagée, doit être au préalable se distinguer de « l’incertitude » (mesurer l’imprévisibilité) 4. Le risque est une appréciation quantifiée et limitée (donc partiellement objective), d’une situation politique ou d’un événement social, alors que l’incertitude correspond à une situation où aucune probabilité chiffrée ne peut être affectée à la réalisation d’un événement.

Faut-il ajouter que : « le risque est une évaluation de la probabilité d’occurrence d’un événement associé à un enjeu, alors que l’incertitude représente le degré de doute dans cette évaluation et croît avec le manque d’information »5. Une façon de réduire l’incertitude (et non pas de l’éliminer) est alors, pour un agent, de renforcer sa dotation en informations. Dans le cas du risque-pays ou du risque politique, ce que cherche à évaluer les experts  n’est donc pas l’incertitude internationale.

Tous ces changements sociaux et technologique conduisent à une décentralisation des décisions de l’état à la dérégulation de l’économie, à la dérégulation des institutions politiques, à la dérégulation du marché, des dirigeants de fonction et à la régionalisation. A l’épicentre de ces mutations se placent l’Etat et la société qui ont en est l’une des causes et Ils en sont le reflet du mouvement et de l’incertitude. La mutation des grandes réformes de l’Etat répond à la mutation de la société arabo-musulmane en ébullition,

C’est à l’esprit aussi de l’entrepreneuriat du patronat que l’on doit l’émergence des techniques nouvelles. La diffusion très large de biens nouveaux constitue un phénomène culturel de très grande ampleur. Si les modes de gestion de l’Etat et le mode de vie des citoyens ont changé, les valeurs culturelles et le style de leaders politiques, (despotiques, militaires, à parti unique ou démocratie confisquée) qui l’anime, n’ont pas changé. Le modèle traditionnel  des Etats du Monde Arabo-musulman fait figure d’archaïsme avec l’avènement de la mondialisation.

Les sociétés arabo-musulmane sont en train de prendre conscience des exigences radicales de leur modernité et leur mise à niveau la révolution ou par les ‘’démocraties de la rue’’. Se priver des certitudes traditionnelles et des croyances religieuses, c’est se jeter dans une aventure indéfinie et inquiétante. Supprimer les fondements islamiques de la vie sociale du Monde arabo-musulman, c’est soit essayer de vivre et de penser sans garanties futures, soit chercher de nouvelles religions modernes, sans transcen- dance, telles que marocanisations/démocratisation, protectionnisme, libéralisme, régulation /dérégulation de l’économie, autoritarisme / démocratie.

Le reflux de ces « religions horizontales », pour employer une expression d’Albert Camus, a laissé un vide que la modernité, a comblé, par la croissance de la consommation urbaine et la transformation des modes de vie. Mais ce qu’on appelle la crise, en arrêtant ce progrès, suscite des interrogations fondamentales. Le capitalisme, le socialisme, le libéralisme, le protectionnisme et la nouvelle croyance de la dérégulation  économique des organisations et des institutions circulent de la même façon dans le monde entier  en détruisent-ils les cultures identitaires étatiques particulières ? C’est un risque politique des sociétés nouvelles de ce millénaire.

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